Accueil

Photos

Documents

Vidéos

Albums

Evénements

Années

Lieux

Personnes

Recherche

Biographies

Tutorial


Lewis Hoad
(1934-1994)




Le nom de Lew Hoad est indissociable de celui de Ken Rosewall, son compatriote et ami d’enfance, partenaire de double, coéquipier dans l'équipe de coupe Davis australienne, et compagnon des bons et des mauvais jours pendant leur carrière professionnelle. A leur première apparition à Wimbledon en 1952 (ils ont 17 ans), ils enchantèrent tellement le public qu’on les surnomma les « Whiz kids » (Les apprentis magiciens, ou apprentis sorciers) et aussi « Les Wonder Kids » (Les petites merveilles). Et probablement un peu par dérision « The Twins » (Les jumeaux) car ils étaient aussi différents qu’inséparables. Tout en effet opposait les deux garçons : le blond et le brun, le grand et le petit, le cogneur et l’artiste...

Nés dans deux quartiers voisins de Sydney à 3 semaines d’intervalle en octobre 1934, les deux garçons se rencontrent pour la première fois à onze ans sur un court de tennis. Hoad prit une belle raclée (6/0 6/0) mais ce fut quand même le début d’une grande aventure. Il dut attendre leur troisième rencontre pour remporter enfin un premier jeu contre le petit Ken. Ces mauvais débuts eurent une influence certaine sur le style du jeune garçon qui dut se résoudre à attaquer et attaquer encore en frappant de plus en plus fort pour contrer le jeu déjà très complet de son rival. C’est avec cette opposition de style déjà frappante que les deux garçons progressent vite et ensemble. A tout juste 16 ans, Rosewall est déjà champion junior d’Australie. Ils sont alors tous les deux pris en charge et entraînés par le nouveau capitaine de l’équipe de coupe Davis d’Australie, Harry Hopman.

En 1952 à 17 ans, ils font leur première tournée en Europe et en Amérique. Ils y acquièrent expérience, premiers succès et notoriété: ils sont demi-finalistes du double à Roland-Garros et Wimbledon, et deux mois plus tard quarts de finaliste du simple à Forest Hills. Ils étonnent par leur maturité, leur enthousiasme, la facilité avec laquelle ils se jouent des équipes de doubles les plus expérimentées, et aussi par leur capacité physique: quand ils ne jouent pas un match officiel, ils vont s’entraîner à longueur de journée sur un court secondaire. Ils sont déjà « Les Whiz Kids » et tout le monde leur prédit un bel avenir. Dès l’année suivante (voir « Les whiz Kids Lewis Hoad et Ken Rosewall ») , les deux jeunes australiens s’affirment comme la meilleure équipe de double du monde, dignes successeurs de Sedgman-McGregor qui viennent de passer professionnels. Ils ratent le grand chelem d’un rien, battus de justesse en quart de finale des championnats d’Amérique par des illustres inconnus (score 5/7 14/12 18/16 9/7!!!) à la fin d’une saison particulièrement longue et éprouvante.

En simple, Hoad mit plus de temps à s’affirmer alors que dans le même temps, son ami Rosewall s’envolait déjà seul à 18 ans vers la première place mondiale. Son jeu tout en puissance et en attaque ne souffrait pas la moindre faiblesse physique ou mentale. Capable du meilleur comme du pire, il pouvait battre les meilleurs et se retrouver le lendemain dominé par le premier venu avec l’air de s’ennuyer ferme sur le court. C’est en coupe Davis que Hoad devait se révéler particulièrement brillant. Pour sa première sélection à 19 ans lors du challenge round contre les USA, il remporte ses deux simples et permet surtout à son équipe d’égaliser à deux partout après sa victoire difficile contre Trabert. Hoad sut garder sa concentration et sa lucidité pour remonter un break dans le cinquième set avant de l’emporter à l'arraché.

Les deux années suivantes sont des années de consolidation et de déception. En 1954, les jumeaux sont partout battus en double et Hoad se montre irrégulier tout au long d’une saison qui se termine par une déroute en coupe Davis. C’est que le blond australien semblait supporter de plus en plus mal les duretés de l’entraînement imposé par Hopman et cette vie de globe trotter qui le faisait voyager plus de 6 mois de l’année. Surtout, on le disait amoureux d’une charmante petite joueuse australienne du nom de Jennifer Staley, et tout cela nuisait à sa concentration. En 1955, Hopman lui impose de changer de partenaire de double pour utiliser au mieux les talents d’un autre Australien Rex Hartwig, joueur de double talentueux et inspiré. Pendant que Rosewall continue sa brillante carrière en simple (vainqueur en Australie, finaliste à Forest Hills), Hoad et Hartwig remportent Wimbledon et surtout le double décisif de la finale de la coupe Davis au cours d’une partie extraordinaire où il y eut des balles de match des deux côtés. Cette victoire en double permit aux Australiens de reconquérir le trophée dès le deuxième jour de la rencontre.

Le retour de l’équipe de coupe Davis en Australie est triomphal. Hoad retrouve confiance et sérénité, il est rayonnant, et enfin fiancé avec Jennifer qui ne le quitte plus. Le départ de Hartwig chez les professionnels lui permet de reformer avec Rosewall la paire de double magique de ses débuts. 1956 va être sa grande année. Il a 21 ans.

Fait unique dans l’histoire du tennis, Hoad va rater deux grands chelems en simple et en double, et à chaque fois d’un seul match! (Voir aussi "Le grand chelem raté de Lew Hoad") Après avoir remporté les trois premières levées, il est battu par Rosewall dans l’ultime finale de Forest Hills. En double, il remporte avec son ami trois titres sur quatre. Mais à Roland-Garros, en l'absence de Rosewall, il est associé à Cooper avec qui il perd une finale décevante en trois sets secs.

Après cette formidable saison, Hoad n’avait que des bonnes raisons pour choisir la carrière professionnelle. Mais peut-être avec l’espoir de tenter une nouvelle fois le grand chelem, et probablement encouragé financièrement par la fédération australienne à rester amateur, (et aussi retenu par Jennifer, dit-on...), il laisse Rosewall rejoindre seul la troupe de Kramer.

Pour Hoad, c’est le début des ennuis. En Australie, il commence à ressentir pour la première fois des douleurs dorsales et, diminué, il perd contre Fraser. Même déconvenue à Roland-Garros où, après avoir mené deux sets à zéro contre un compatriote inconnu Gibson, il doit soudain laisser filer le match. Wimbledon est sa dernière grande victoire chez les amateurs, mais inquiet pour son dos, il se dépêche d’accepter l’offre de Kramer pour la somme rondelette de 100.000$. Comme tous les amateurs de l’époque, Hoad rate ses débuts professionnels, dominé par le champion du monde en titre Pancho Gonzales. Lors de la première tournée, Hoad est battu 51 victoires à 36. Mais avec son tennis puissant et offensif, il devient vite le rival le plus dangereux du grand Pancho, et aux yeux de tous son probable successeur. Gonzales reconnut plus tard que de tous les champions du monde amateur qu'il avait eu à affronter, c'est Hoad qui l'avait le plus impressionné, le seul de ses adversaires qui l'ait réellement mis en difficulté...

Hoad joua probablement le plus beau tennis de sa vie à Paris en septembre 1958. La demi-finale du tournoi pro jouée à Roland Garros l’opposait à Gonzales. D’après les spectateurs présents, rarement on avait vu un tennis aussi pur et aussi parfait joué avec une telle constance. Henri Cochet dans son "Histoire du tennis", consacre une page entière à l’événement. Tennis de France, titrait «Deux sets que les mots ne peuvent décrire». Voici ce qu'écrivait le journaliste: "Les mots manquent pour décrire cette fresque du tennis, et il suffit de dire que nous renonçons à la dépeindre. Au second set surtout où chaque point fut gagné et où aucun ne fut perdu. Hoad et Gonzales s'installèrent dans la perfection, si elle est de ce monde. Au point que nous étions soulevés d'une passion intense mais purement esthétique pour ce combat. Car il était impossible de prendre parti pour l'un ou pour l'autre joueur....". Pancho eut une balle de match, mais la perdit sur une décision contestable d'un juge de ligne. Hoad égalisa à un set partout avant la nuit. Quand le match reprit le lendemain, Hoad eut finalement raison de son adversaire mal remis de tous ses efforts de la veille et qui jouait un ton en dessous.

La finale contre Rosewall fut plus dramatique. Hoad gagnait facilement quand il fut victime d'un déplacement de vertèbre. Cette blessure qui l'obligea à arrêter le tennis quelque temps marqua le début de son déclin. Plus jamais par la suite il ne fut aussi brillant. Encore finaliste des championnats du monde professionnel en 1959 et seul rival de Pancho Gonzales, Hoad devint un joueur inconstant, capable du meilleur comme du pire, et obligé de prendre de plus en plus souvent des périodes de repos à cause de son dos. Quand Gonzales abandonna enfin sa place de N°1, c'est Rosewall qui recueillit l'héritage. Hoad se contenta alors de jouer les seconds rôles, et continua sa carrière jusqu'au début des années 70. Pour le premier Wimbledon open en 1968, il était encore tête de série N°7, mais il n'était plus que l'ombre de lui-même, battu au troisième tour par Bob Hewitt. En 1970, pour sa dernière apparition à Wimbledon, il passa un seul tour alors que son ami et ancien partenaire de double Ken Rosewall continuait vaillament à jouer les premiers rôles. A 35 ans, "le petit Maître de Sydney" réussit à atteindre les finales du simple et du double....

Le nom de Lew Hoad est indissociable de celui de Ken Rosewall, son compatriote et ami d’enfance, partenaire de double, coéquipier dans l'équipe de coupe Davis australienne, et compagnon des bons et des mauvais jours pendant leur carrière professionnelle. A leur première apparition à Wimbledon en 1952 (ils ont 17 ans), ils enchantèrent tellement le public qu’on les surnomma les « Whiz kids » (Les apprentis magiciens, ou apprentis sorciers) et aussi « Les Wonder Kids » (Les petites merveilles). Et probablement un peu par dérision « The Twins » (Les jumeaux) car ils étaient aussi différents qu’inséparables. Tout en effet opposait les deux garçons : le blond et le brun, le grand et le petit, le cogneur et l’artiste...